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TRACES / Œuvres · archives · possibles

L’atlas
vivant.

Ce qui demeure.
Ce qui se transforme.
Ce qui pourrait advenir.

Œuvres, archives et installations en devenir : un atlas des recherches de Patrick Chartol et leif.e.boman, avec la musique de Bohdana Frolyak.

01 — Les œuvres & les archives

Six entrées dans un même paysage sensible.

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Patrick Chartol

Colorium

La couleur devient un lieu.

Des plaques transparentes peintes, traversées par la lumière. Selon le regard, les couches se superposent, se dérobent et recomposent l’espace. Colorium invite à circuler autour de la couleur plutôt qu’à la regarder de face.

Objet lumineux · archives d’atelier

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Traverser la couleur

La transparence change la nature du tableau. Devant une surface opaque, le regard rencontre une limite ; ici, il traverse une couche, en rencontre une autre, puis revient vers la première. On peut lire Colorium comme une peinture qui se déploie dans l’épaisseur : la couleur appartient autant à ce qui est peint qu’à la lumière qui le traverse.

Le déplacement devient une manière de regarder. Deux traces peuvent se rejoindre depuis un point de vue, puis se séparer quelques pas plus loin. Rien n’oblige à chercher une image définitive : l’intérêt se situe dans ces états intermédiaires, lorsque le visible semble encore en train de se composer. Le visiteur ne modifie pas nécessairement l’objet ; il en renouvelle la lecture par sa présence.

Dans TRACES, cette œuvre constitue un passage entre la matière trouvée et l’image en mouvement. La trace n’est plus seulement le souvenir d’un geste : elle devient une possibilité de transformation. Cette lecture relie Colorium aux films sans confondre l’objet lumineux avec sa réinterprétation à l’écran.

Simulations d’exposition

Colorium au centre d’une salle faiblement éclairée, entouré des tableaux sur toile qu’il a permis de créer.

Sélection de tableaux — impressions sur toile
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Patrick Chartol

Tableaux trouvés

Le monde peint avant nous.

Un mur, une coulure, une surface usée : le cadre révèle une composition déjà présente. Les recherches menées à La Traverse font dialoguer ces rencontres avec la peinture et les matières du lieu.

Matière · regard · La Traverse

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Choisir ce qui était déjà là

Un tableau trouvé commence par une décision de regard. Une surface ordinaire devient une composition dès que l’on en choisit les limites. La coulure, la tache et l’usure n’ont pas besoin d’avoir été produites pour faire image. Le cadrage leur donne une relation : une ligne prend du poids, un vide devient une respiration, une couleur semble répondre à une autre.

On peut y voir une collaboration involontaire entre le temps, les matériaux et celui qui regarde. La rouille dessine un écoulement ; les surfaces vertes ou ocres proposent d’autres rythmes. Ces différences invitent à regarder les trois images ensemble, sans leur inventer une histoire de fabrication ou d’abandon que les photographies seules ne permettent pas d’établir.

Recueillir une trace avant de la transformer : ce geste donne un point de départ au reste du parcours. Là où Colorium fait passer la lumière à travers la matière, les Tableaux trouvés font passer l’attention à travers l’habitude. Ce qui paraissait insignifiant devient une présence.

Trois autres tableaux trouvés
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leif.e.boman

Forgotten Memories

La terre comme mémoire commune.

Les archives montrent un champ de terres disposées en constellation régulière. Dans ce travail, les sols et la mémoire des disparus se rencontrent ; les documents évoquent aussi leur traduction sonore. La photographie donne à voir une installation antérieure, pas le plan d’une exposition à venir.

Archives d’installation · Singapour

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Une multitude de présences

L’installation oppose deux échelles : celle du fragment de terre et celle du champ qu’ils composent ensemble. De loin, le regard rencontre une organisation ; de près, il peut chercher des différences de texture et de couleur. Cette tension entre ensemble et singularité donne une manière d’aborder le travail de mémoire.

La terre peut être lue comme ce qui demeure d’un lieu lorsque ses habitants en sont absents. Elle ne remplace ni les personnes ni leurs histoires. Elle rend plutôt sensible une distance : quelque chose est présent devant nous et renvoie à ce que nous ne pouvons pas voir. La régularité de la disposition n’abolit pas cette absence ; elle lui donne un espace.

Cette lecture rejoint les Tableaux trouvés par l’attention portée à la matière, mais en déplace la gravité. Ici, la trace ouvre sur une mémoire humaine. Dans un parcours d’exposition, le passage de l’une à l’autre demanderait une respiration : le visiteur quitte le jeu des surfaces pour rencontrer une présence plus silencieuse. Il s’agit d’un rapprochement éditorial, pas d’une scénographie déjà décidée.

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leif.e.boman

SOIL

Écouter ce qui ne parle pas.

La recherche SOIL explore une traduction de données de la matière en formes visuelles et sonores. Il s’agit de sonification : une construction artistique à partir de données, et non d’un son naturellement enregistré dans la terre. Le spectre ouvre une autre manière de percevoir le sol.

Recherche · sonification · spectre

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

De la donnée à l’expérience

Passer de la terre au son suppose une traduction. Une analyse produit des données ; des choix de correspondance permettent ensuite de les rendre perceptibles. Le résultat n’est donc pas une voix cachée que l’on aurait simplement captée. Il naît d’une rencontre entre matière, mesure et invention artistique.

Le spectre offre une image de ce passage : des différences deviennent des relations de couleurs, des intervalles et des rythmes visuels. On peut le regarder comme une partition possible plutôt que comme une illustration exhaustive du sol. La rotation ajoutée sur ce site accompagne la contemplation ; elle n’est ni un relevé scientifique en direct ni une animation originale attribuée à l’artiste.

Dans TRACES, SOIL pose une question : que garde-t-on d’une matière lorsqu’on change son langage ? La terre reste le point de départ, mais l’écoute ouvre une expérience différente de sa contemplation. Ce passage rejoint Colorium : dans les deux cas, la matière devient le seuil d’une perception nouvelle. Les différentes versions historiques et leurs collaborations ne sont toutefois pas interchangeables.

Un regard de musicien · extraits

La Terre comme interlocutrice

Sir Niels Lan Doky propose une lecture sensible et spéculative du travail de leif.e.boman : une invitation à imaginer notre relation à la Terre.

Le résultat est une collection de sons uniques et fascinants, chacun étant catégoriquement différent des autres, en fonction de l’origine de l’échantillon de terre dont le son a été extrait.

On peut pousser cette idée encore plus loin et envisager la possibilité réaliste que notre planète elle-même (et pas seulement les formes de vie organiques qui l’habitent) soit non seulement vivante, mais également influencée par nos actions, y réagisse et en donne une forme de réponse à travers des modes de communication subtils et abstraits que nous commençons à peine à comprendre.

— Sir Niels Lan Doky
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Patrick Chartol · leif.e.boman · Bohdana Frolyak

Amygdala

L’image se souvient de la musique.

Le film croise les images de Patrick, les recherches de leif.e.boman et la musique de Bohdana Frolyak. La matière devient mouvement ; l’écoute transforme le regard. Une autre forme de cette rencontre se dessine dans les recherches de Patrick autour d’une version en relief.

Film · image et musique

Entrer dans la salle de projection
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Une lecture possible · interprétation éditoriale

La mémoire en mouvement

Avec le film, la trace entre dans une durée. Le spectateur ne choisit plus seulement où regarder : il rencontre des apparitions, des transformations et des disparitions. Une forme peut persister dans la mémoire après avoir quitté l’écran. On peut lire cette persistance comme un lien entre l’image abstraite et l’expérience intime du souvenir.

La musique de Bohdana Frolyak invite à entendre ces images autrement. Une même forme peut paraître suspendue, tendue ou ouverte selon ce qui l’accompagne. Il ne s’agit pas de réduire la musique à un commentaire, ni l’image à une illustration : leur rencontre crée un troisième espace, celui de l’attention du spectateur.

Amygdala prolonge ainsi la traversée engagée dans Colorium et SOIL : matière, perception, traduction, mémoire. On peut y retrouver la transparence comme manière de superposer des sensations, et la trace comme ce qui survit à leur passage. Cette continuité propose un chemin d’écoute et de regard ; elle ne prétend pas enfermer le film dans une explication unique.

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leif.e.boman · Patrick Chartol

Bosnia Symphony

Un espace à traverser, une mémoire à écouter.

Un document intitulé « NUMBER ONE » présente ce projet d’installation audiovisuelle sous le titre « Bosnia Symphony ». La vue de travail imagine une salle sombre et un champ lumineux au sol. Elle ouvre une piste de dialogue entre image, espace et son.

Vue de travail · projet d’installation

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Faire place à une écoute

La vue de travail montre une salle sombre organisée autour d’un champ au sol. Cette disposition suggère une expérience différente du tableau accroché : le corps doit se situer face à une étendue, à sa distance et à ses limites. L’image ouvre une question de scénographie ; elle ne permet pas de déduire des dimensions ou des matériaux définitifs.

Le titre Bosnia Symphony rapproche un territoire et une forme musicale. On peut y lire le désir de composer avec plusieurs présences plutôt que d’imposer une seule image du souvenir. Le silence visuel de la salle laisse imaginer une attention partagée entre ce qui est vu et ce qui pourrait être entendu, sans que le rendu révèle à lui seul le contenu sonore.

Dans ce parcours, cette étude relie les installations de terres à la collaboration audiovisuelle de Patrick et Leif. Elle offre un espace possible pour leur dialogue : l’image quitte l’écran pour devenir une situation. Cette lecture concerne le potentiel de la proposition, sans présumer de son stade de réalisation.

02 — En devenir

Des pistes ouvertes. Pas encore des promesses.

Le prochain
geste.

Ces propositions sont des recherches et des études. Leur forme, leurs participants et leurs conditions de réalisation restent à préciser.

Les mains, la terre
01 / En devenir

Les mains, la terre

Un geste à partager.

Des mains moulées accueillent une sphère de terre. Les archives de performances et les projets participatifs prolongent ce geste : faire tenir un monde commun dans la paume. Les documents associent Aicha à des performances antérieures et Jonna & leif.e.boman à une autre proposition autour des mains.

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Le monde à hauteur de paume

La main transforme l’échelle du territoire : ce qui paraissait immense tient soudain dans un geste. La sphère de terre peut évoquer un monde confié, offert ou protégé. Ces lectures restent ouvertes ; elles ne sont pas présentées comme une déclaration des artistes.

Le moulage conserve une forme corporelle tout en la séparant du corps. Il produit une autre sorte de trace : celle d’une présence qui peut être transmise, réunie à d’autres, exposée. Dans un projet participatif, la singularité de chaque main pourrait ainsi résister à l’uniformité de la série.

Cette piste fait passer la matière recueillie vers un geste partagé. Elle déplace l’attention des provenances vers la relation : qui reçoit, qui porte, qui transmet ? Le lien avec les terres de Forgotten Memories peut se lire à cette échelle intime. L’organisation d’une nouvelle participation reste à construire.

02 / En devenir

Glace / climat

La matière mesure le temps.

Glace, terres, lumière et son : les documents explorent une installation où la transformation de la matière rend sensible le climat. Plusieurs variantes existent, avec des références géographiques différentes. Elles restent ici des pistes de recherche.

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Regarder une durée

La glace introduit une matière dont l’état peut changer sous nos yeux. Là où une archive conserve une trace, la fonte en rend la disparition perceptible. On peut lire cette opposition comme une manière d’approcher le temps : garder, transformer, perdre.

Une installation de ce type pourrait inviter à une attention lente, portée sur des variations modestes plutôt que sur un événement spectaculaire. Lumière et son donneraient alors des échelles sensibles au changement. Il s’agit d’une lecture du potentiel du projet, pas de la description d’un dispositif finalisé.

Ce thème prolonge le fil de TRACES en l’inversant : il ne s’agit plus seulement de lire ce qui demeure, mais de regarder ce qui cesse de demeurer. La fragilité devient une question de perception. Le schéma abstrait du site accompagne cette lecture ; il n’est pas la photographie d’une installation réalisée.

03 / En devenir

Habiter le son

Le corps compose son écoute.

Dans le « Kaléidoscope sonore » imaginé par Patrick, plusieurs sources sonores indépendantes dessinent un espace d’écoute qui change avec la position du visiteur. Une autre piste relie mers, océans, images et musique. Deux manières d’envisager une immersion à l’échelle du corps.

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Une lecture possible · interprétation éditoriale

Se déplacer dans la composition

Le Kaléidoscope sonore imaginé par Patrick déplace la composition vers l’espace. Plusieurs sources indépendantes ne produisent pas nécessairement la même écoute selon l’endroit où l’on se trouve. Le trajet du visiteur peut rapprocher certains sons, en laisser d’autres au loin et en découvrir de nouveaux.

Cette idée rejoint Colorium par le rôle du point de vue, devenu ici point d’écoute. L’œuvre ne se résumerait plus à une succession fixe : elle se rencontrerait par fragments, dans une durée choisie en partie par le corps. Ce rapprochement est une lecture entre deux recherches, pas l’annonce d’une œuvre commune déjà constituée.

La piste des mers et des océans ouvre une autre relation entre images, données et musique. Les deux idées sont réunies ici pour leur intérêt spatial et sensible, sans présumer de leur fusion. Ce qui les relie au reste du parcours est cette invitation à entrer dans la perception, plutôt qu’à rester face à elle.

03 — Un lieu de rencontre

À partir
d’une rencontre.

La résidence de 2017 à La Traverse, à Argenteuil , est un point de départ du dialogue entre Patrick Chartol et leif.e.boman. Le site suit les prolongements de cette rencontre, entre peinture, matière, film et musique.

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